Le Louvre et les Tuileries


De retour de captivité en 1528, François Ier fait de Paris sa capitale et, bien qu’il réside le plus souvent à Fontainebleau ou au château de Madrid, le Louvre devient sa résidence parisienne. Le Roi et la Reine occupent l’aile sud face à la Seine, le donjon de Philippe Auguste est démoli, les quais devant le château sont construits en 1536.

A la fin de son règne, le Roi décide d’élever un palais digne de la monarchie française, et choisit, en 1546, un an avant sa mort, le projet de Pierre Lescot : l’aile ouest est alors abattue et le chantier peut commencer. Il durera une vingtaine d’années et se poursuivra par l’aile sud, à partir de 1566. Le chantier s’arrête ensuite et le Louvre conservera deux ailes médiévales, au nord et à l’est, jusqu’en 1624.

Les Tuileries. Suite à la mort d’Henri II en 1559 à l’hôtel des Tournelles, sa veuve, Catherine de Médicis, fait bâtir, à partir de 1564, un palais, en dehors de l’enceinte de Charles V, sur des terrains occupés par d’anciennes tuileries. Le projet de Philibert Delorme (ou de l’Orme) était très ambitieux et, seule, l’aile ouest sera, en partie, réalisée (Projet de Delorme). Vers l’est, vers la ville, à l’emplacement des bâtiments prévus par Ph. Delorme, on aménage un jardin agrémenté de balcons qui dominent le fossé de l’enceinte de Charles V dont le mur et les tours ont été arasés. Vers l’ouest, le grand jardin s’étend sur près de 18 ha. Catherine de Médicis habite peu les Tuileries et préfère l’hôtel de la Reine. 
Plan de Mérian 1615 >
 

A la fin du siècle, la rue Saint-Honoré, protégée par la nouvelle enceinte « des fossés jaunes », accueille les Feuillants (cisterciens réformés), les Capucins (franciscains réformés) et les Capucines.

Dès son entrée dans Paris en 1594, Henri IV ordonne l’achèvement de l’aile sud de la cour carré et manifeste le désir d’un « Grand Dessein », ambitieux projet qui consiste à relier le Louvre et les Tuileries et à aménager l’espace entre les deux palais. Ce Grand Dessein ne sera réalisé que par Napoléon III, Henri IV n’a le temps de réaliser que la Grande Galerie, ou galerie du bord de l’eau, de 1595 à 1610.


   ^ 1600

1700 ^  

Le chantier du Louvre reprend sous Louis XIII : en 1624, Jacques Lemercier (ou Le Mercier) construit le Pavillon de l’Horloge et amorce le quadruplement de la cour. Les travaux, interrompus par la Fronde, reprennent en 1652, dirigés par Lemercier puis par Le Vau après 1654. En 1638 le rempart de Charles V est jeté bas et le fossé comblé. C’est sur leur emplacement et sur le petit jardin1 qu’a lieu le carrousel du 5-6 juin 1662. 

Colbert, surintendant des bâtiments depuis 1664, entend alors mettre en œuvre le Grand Dessein et, d’abord, achever le Louvre. Les architectes français, en premier lieu François Mansart, multiplient les projets ; en 1664, Colbert fait appel à trois grands architectes italiens Pierre de Cortone, Carlo Rainaldi et Le Bernin qui envoient de Rome leurs projets. Le Bernin vient à Paris en 1665, un projet définitif est approuvé, la première pierre est posée, mais le chantier s’arrête rapidement, Colbert trouve le projet du Bernin trop ambitieux et trop coûteux et le roi se tourne de plus en plus vers Versailles. L’aile est de la cour carrée est fermée par la colonnade conçue par Claude Perrault en 1666. Les travaux s’arrêtent en 1678, le gros œuvre est lors achevé, mais pas la couverture, et des bâtiments disparates vont venir s’accoler à la façade.


 







Les Tuileries au XVIIe siècle.      
I. Silvestre, 
après les travaux effectués par Le Vau dans les années 1660.


Le jardin des Tuileries. Le jardin de Catherine de Médicis était un jardin à l’italienne orné de fontaines, d’une grotte, de massif floraux, de quinconces, de vergers et de vignes séparés par un réseau d’allées et clos de murs. A partir de 1664, il est transformé par Le Nostre. Le mur est abattu, la voie qui le séparait du palais est transformée en terrasse. Le tracé du jardin est simplifié et hiérarchisé : grande allée avec deux bassins, le premier rond, le second octogonal, parterre devant la façade, terrasse du bord de l’eau… A l’extérieur, le Grand Cours, qui deviendra les Champs-Elysées est tracé et planté jusqu’au rond-point.

Tout au long du XVIIIe siècle, alors que le jardin des Tuileries, ouvert au public et entretenu, s’ouvre vers l’ouest et les Champs-Elysées par le pont tournant (1717) et la place Louis XV (1757-1774), le Louvre est quasiment à l’abandon, la colonnade n’est dégagée qu’à partir des années 1760 et le quartier entre le Louvre et les Tuileries ne connait aucune évolution jusqu’au transfert, en 1780, des Quinze-Vingts rue de Charenton et au lotissement de leur terrain.

Dans les années 1780, suite en particulier à l’incendie de l’opéra du Palais Royal le 8 juin 1781, de nombreux architectes présentèrent des projets d’aménagement de ce quartier, notamment Marie-Joseph Peyre, Eienne-Louis Boullée, De Wailly, Antoine et surtout Bélanger auteur de plusieurs projets - projet de Bélanger 1781, autre projet de Bélanger 1802.


                
   ^  1790

Plan Turgot 1739 >
 



1 Appelé parterre de Mademoiselle depuis le séjour de la Grande Mademoiselle aux Tuileries, de 1638 à 1652.


Voir aussi

Le Louvre et les Tuileries au XIXe siècle.


Sources

Daufresne, Jean-Claude, Louvre et Tuileries, architectures de papier, Pierre Madarga, Paris, 1987.

Teyssèdre, Bernard, L'art au siècle de Louis XIV, livre de poche.