L'Université

Au XIIe s. siècle les premières écoles se créent dans l’ile de la Cité autour de Notre-Dame, sous le contrôle de l’Evêque. L’augmentation du nombre d’étudiants, la volonté d’échapper à la censure de l’Eglise et aussi des querelles théologiques et pédagogiques font émigrer clercs et étudiants sur la rive gauche, alors peu peuplée, dès le milieu du XIIe siècle. Au début, l’enseignement se fait en plein air ou dans des maisons particulières autour de la place Maubert, rue Galande, rue du Fouarre, et les étudiants sont logés chez l’habitant.

Pour loger ces étudiants, souvent pauvres, venus de province et de l’étranger, de grands personnages fondent des pensions dénommées collegium en latin.

 

 < Cliquez sur l'image L'université à la fin du XVe siècle

En un siècle, de 1250 à 1350, un grand nombre de collèges vont se créer à proximité et en relation souvent avec les grands ordres monastiques qui s’installent dans le quartier, Dominicains (Jacobins), Franciscains (Cordeliers), Carmes et Bernardins (Cisterciens). Fondations religieuses ou caritatives destinées au logement des étudiants pauvres, ils deviennent des lieux d’enseignement disposant d’une assez large autonomie. Chaque collège souvent baptisé du nom de son fondateur ou de sa région d’origine d’où proviennent généralement les boursiers, est dirigé par un doyen.

Au début du XIIIe s.Philippe Auguste donne des statuts et des privilèges à l’Université de Paris qui regroupe les différentes facultés. Ces statuts sont confirmés par la suite par différents papes, ce qui confère à l’université de Paris une autorité toute particulière notamment en théologie. Un recteur élu pour une durée limitée (quelques mois) représente l’institution universitaire. Dans les grands collèges plusieurs matières étaient enseignées (faculté des Arts, correspondant à notre enseignement secondaire, théologie, droit, médecine…) alors que dans les petits collèges on ne donnait qu’une partie de ces enseignements. 

Franciscains et Dominicains fournissent quelques maitres prestigieux en théologie : Bonaventure, Albert le Grand et Thomas d'Aquin dans la seconde moitié du XIIIe.

Le plus célèbre collège, la Sorbonne, est créé en 1257 par Robert de Sorbon, chapelain de Saint-Louis, il est destiné à des étudiants en théologie.





L'université sur le plan de Saint-Victor vers 1550 >


Parmi les plus importants des grands collèges on peut citer :

-        le collège d’Harcourt, fondé en 1280, par Raoul D’Harcourt pour des étudiants normands ;

-        le collège du Cardinal Lemoine (1302) ;

-        le collège de Navarre, fondé par Jeanne de Navarre, épouse de Philippe le Bel, en 1305 pour             soixante-dix étudiants, possède une vaste chapelle et une bibliothèque renommée.

-        le collège de la Marche (1422) ;

-        le collège de France, fondé par François Ier en        1529, comme lieu d’enseignement uniquement

-        le collège de Clermont, fondé en 1560 par                Guillaume Duprat évêque de Clermont, pour les        Jésuites qui prit en 1674 le nom de Louis-le-            Grand ;

Le Collège Royal gravure de Chastillon XVIIe s. ^

-        les collèges de Laon  et de Montaigu (1314) ;

-        le collège de Lisieux (1336) ;

-        le collège des Quatre Nations, fondé en 1661 par Mazarin pour des boursiers venant des quatre provinces réunis à la France (Pignerol, Alsace, Flandres et Artois, Roussillon) ;

Citons certains petits collèges :

-       les collèges des Dix-Huit, le plus ancien (1180), des Bons-Enfants (1257), du Trésorier ; le collège des Cholets, fondé en 1289 pour des étudiants de Beauvais et d’Amiens, ceux de Bayeux (1308), de Presles (1313), de Narbonne (1316), de Cornouaille (1321), des Ecossais (1326), de Bourgogne (1329), d’Arras et des Lombards (1333), de Cambrai (1344), de Reims (1399)… Le collège Sainte-Barbe (1460) eut comme élèves Ignace de Loyola et François Xavier.


Au XIVe s. le quartier accueille ainsi à l’abri du rempart de Philippe-Auguste plusieurs milliers d’étudiants (de 4 000 à 8 000 ?), venus de toutes les provinces ainsi que bon nombre d’étrangers dont la provenance varie selon les vicissitudes politiques, Anglais et Ecossais sont ainsi progressivement remplacés par des Allemands et des Scandinaves au XIVe s. Population jeune et remuante, les rixes sont fréquentes et les relations avec les parisiens parfois difficiles.
La rive gauche héberge également, avec l’île de la Cité, les activités de libraires et d’enlumineurs qui participent fortement à la réputation de Paris. En 1470, la première imprimerie est installée dans une dépendance de la Sorbonne.  

A la fin du XIVe s. le quartier latin - l’Université par opposition à la Cité et à la Ville, la rive droite - a pris, à l'intérieur de l'enceinte de Philippe-Auguste, l’aspect qu’elle conservera jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

L'histoire de l'Université est, jusqu'au XIVe siècle, celle de son émancipation par rapport à l'évêque et au pouvoir royal. A la fin du XVe, la situation s'inverse et l'Université se trouve de plus en plus soumise au pape et au roi. C'est le début d'un déclin et d'une décadence intellectuelle qui durera jusqu'à la révolution.

Au XVIIe siècle, la Sorbonne est reconstruite par Richelieu (architecte J. Lemercier) qui a son tombeau dans la chapelle. La chapelle de la Sorbonne (I. Silvestre) cliquez ici.

            Plan Verniquet 1790 

         

 

          
    Le quartier latin en 1790 ^ 

Au XVIIIe siècle beaucoup de petits collèges se trouvent dans une situation financière difficile. Aussi, lorsqu’en 1762 les Jésuites sont expulsés, l’Université prend possession du collège Louis-le-Grand et y transfère les boursiers de 30 petits collèges.

L'université de Paris est supprimée en 1792 avant d'être rétablie par Napoléon en 1806 sur de nouvelles bases. 


Voir aussi 


Liens

Sur Wikipedia : l'Université de Paris

L'historique sur le site de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne


Sources