Les équipements publics


Sous l’Ancien Régime, de nombreuses fonctions urbaines étaient prises en charge par des institutions religieuses : enseignement, hôpitaux, accueil des indigents et des enfants trouvés… Pour répondre à ces besoins et à d’autres qui apparaissent dans une ville où la population croît fortement, le XIXe siècle voit se construire de nombreux équipements publics dans un cadre qui se laïcise.

Napoléon Ier bâtit des marchés, des abattoirs et les premiers lycées ; la Restauration et la monarchie de Juillet, construisent quelques mairies (2e, 5e, 6e et 10e arrondissements), des églises, deux prisons modernes (La Roquette et Mazas)… Les communes de la petite banlieue, avant leur annexion, créent de nouvelles mairies et, certaines, un nouveau centre au cœur des quartiers en construction : Les Batignolles-Monceaux autour d’une église et d’une mairie, Grenelle (église, mairie, théâtre), La Villette (église, mairie, école, marché), Montrouge (mairie, square et marché couvert). Ces nouveaux centres urbains servent de modèles aux centres haussmanniens tels qu’ils se développent dès 1853 dans le centre de la ville et, après 1860, dans les nouveaux arrondissements. Ces centres reprennent les mêmes éléments, plus ou moins présents : mairie, église, square, marché, parfois école voire caserne ou hôpital.

  
Synagogue rue des Tournelles ^      
< Mairie du XIXe arrondissement 

F. Narjoux, Paris, monuments élevés par la ville, 1881. BnF



 
Le théâtre Lyrique place du Châtelet (théâtre de la Ville)
Notre-Dame de La Croix (XXe) >

F. Narjoux, Paris, monuments élevés par la ville, 1881. BnF
 


Pour le 3e arrondissement, Haussmann prévoit un centre local comportant mairie, square et marché à l’écart de la place de la République (1), espace majeur à l’échelle de la ville. La marie du 11e est créée sur une place à l’intersection de deux voies nouvelles (boulevard Voltaire et avenue Parmentier) et d’une rue ancienne (rue de La Roquette), très commerçante ; l’église Saint-Ambroise se trouve un peu à l’écart et un square est créé, sous la Troisième République, à l’emplacement de l’abattoir de Ménilmontant supprimé avec la création de l’abattoir de La Villette. Le nouveau centre du 20ème arrondissement est structuré autour d’une place hexagonale située à mi-chemin des cœurs de Belleville et de Charonne. La mairie y est bâtie et ce nouveau centre est complété, avec la réalisation des voies nouvelles vers le centre de Paris et vers les portes, par l’aménagement d’un square et la construction de l’hôpital Tenon. 

(1) Alors place du Château d’Eau.

 
La place Gambette et la mairie du XXe arrondissement

Le même type de composition se retrouve pour le 18e arrondissement où la place Jules Joffrin accueille mairie et église ainsi que le départ de la très commerçante rue du Poteau (1). Ces trois derniers projets situés au centre des arrondissements ont pu jouer pleinement leur rôle de centre de quartier. La mairie du 19e est composée avec le parc des Buttes-Chaumont, mais elle est éloignée du centre actif au croisement de la vieille rue de Meaux et de la nouvelle avenue Secrétan où se trouvent le marché et, à proximité, l’église. Dans les autres arrondissements de la périphérie, on utilise les centres créés précédemment par les communes avant leur annexion (Montrouge pour le 14e, Vaugirard pour le 15e) ou on construit simplement une mairie au centre de l’arrondissement (16e).

  
Le Lycée Janson de Sailly vers 1900

< Carte des équipements


L’apport de la Troisième République porte sur la construction d’hôpitaux et surtout de lycées.

Pour ces bâtiments publics, l’absence de style propre à l’époque conduit à adopter un large éclectisme. Les édifices religieux relèvent du néo-médiéval (néo-roman, néo-gothique, néo-byzantin), les mairies du néo-renaissance, les lycées et les casernes du style renaissance mâtiné de classicisme. Le seul édifice de style Napoléon III est, selon son architecte, l’Opéra Garnier. 

 

Voir aussi 


Liens externes


Sources

Pinon (Pierre), Atlas du Paris haussmannien, Parigramme, 2002.




(1) Le square de Clignancourt date de 1912.