La Villette

Le village de La Villette est, jusqu’au début du XIXe siècle, un village-rue le long de la route de Flandre avec quelques auberges et guinguettes. Au XVIIIe siècle, on y trouve des maisons de plaisance avec jardins. De 1848 à 1742, les religieuses de Sainte-Périne ont un monastère en bordure de la rue de Flandre ; en 1742, ce monastère est transféré à Chaillot. Au sud du village, le long de la rue de Meaux en limite de Belleville et à l’emplacement du gibet de Montfaucon, la « grande voierie » est le lieu où sont tué les chevaux âgés ou blessés et où sont déversées les matières fécales de la capitale. En arrière de la rue de Flandre (n° 44 actuel) se situe depuis la fin du XVIIe siècle un cimetière juif, le seul de Paris sous l'ancien régime ; fermée en 1810, cette petite nécropole existe toujours.

A la fin du XVIIIe siècle, La Villette compte environ 1800 habitants. Ce village paisible va être profondément transformé au siècle suivant.

         

         ^ La Villette. Plan Roussel 1730


La Villette en 1790 >

                   


Le bassin de La Villette est mis en eau en 1808. Jusqu’en 1825, date d’achèvement du canal Saint Martin et du canal de Saint-Denis, il devient un lieu de promenade et de distraction des Parisiens. L’ouverture à la navigation de ces deux canaux, permettant d’éviter la traversée de Paris, va faire du bassin le premier port de la capitale. 


En 1860, il reçoit annuellement 10 000 bateaux représentant environ 1 100 000 tonnes de chargement soit plus que le port de Bordeaux[1]. Les berges du bassin se couvrent d’entrepôts. Les usines les plus diverses s’implantent aux abords du bassin et des canaux et le long des rues de Flandres et d’Allemagne (avenue Jean Jaurès) : savonneries, fabriques de cristaux, raffineries de sucre (Lebaudy-Sommier), industries agro-alimentaires (Felix Potain), fabrique de pianos Erard… La population de la commune passe de 4 900 habitants en 1831 à plus de 30 000 en 1856. En 1841, une nouvelle mairie, une église et des écoles sont construites à l’angle de la rue de Crimée et du quai de l’Oise (place de Bitche).

[1] Bernard Rouleau, Villages et faubourgs de l’ancien Paris.


  ^ La commune de La Villette 

Le chemin de fer renforce la présence de l’industrie. De nombreuses usines sont directement desservies par un réseau secondaire de voies ferrées. A partir de 1866, les grands entrepôts des magasins généraux sont construits le long du canal de Saint-Denis avant de se prolonger sur de très vastes emprises à Saint-Denis et à Aubervilliers.

 
 
    ^ le Centquatre, rue Curial. Ancien bâtiment des         pompes funèbres de Paris, reconverti en centre culturel.  

< l'usine de la CAPAC, quai de Jemmapes, 1895

 
Les fours à coke Gallica Bnf
 
L'usine Felix Potin rue de l'Ourcq


 
        ^ La Villette en 1850
 
         ^ La Villette en 1900

Une très grande usine à gaz est mise en service en 1856 boulevard MacDonald. Elle est complétée par des gazomètres, un chantier de fours à coke et une usine de goudrons desservis par un réseau de voies ferrées. La Villette devient la plus grande concentration d'industries parisienne.

En 1858, le baron Haussmann décide la création de deux abattoirs un au sud à Vaugirard, un autre à La Villette en remplacement de ceux construits sous le Premier Empire qui se trouvent, quarante ans après leur achèvement, intégrés dans la ville et suscitent les protestations de riverains. Aux abattoirs généraux de La Villette est associé un grand marché aux bestiaux au sud du canal desservi par une voie ferrée en embranchement à Belleville sur la petite ceinture : les animaux n’arriveront plus en troupeaux sur les routes mais par wagons. Ces deux vastes installations sont achevées en 1867. Les abattoirs de la Villette procurent une activité énorme au quartier et à la proche banlieue. 

 
  ^ Vue des abattoirs de la Villette à Paris.

Plan-des-abattoirs-et-marche-aux-bestiaux-de-la-Villette
-1868-Architecte-Louis-Janvier >

 



Voir aussi

L'industrie à Paris, Le canal de l'Ourcq


Liens




Sources
Le Roux (Thomas), Les Paris de l’industrie, Créaphiséditions, 2013